Lunité et la diversité
La commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai sera un moment important pour tous les Domiens, les Africains et les Français d’origine africaine subsaharienne. Cette affirmation n’exclut pas bien entendu les vrais humanistes et les défenseurs des droits de l’homme de ce pays.
Il faudrait lever les malentendus et les accusations tendant à faire croire que les Africains devraient eux aussi assumer leur part dans cette déportation massive d’êtres humains. En Afrique subsaharienne, la pratique de la capture des princes, des nobles ou des simples guerriers, lors des guerres, était bien sûr courante. Il était possible de les récupérer contre une rançon. Cela était généralement le cas pour les princes et les nobles mais les guerriers étaient le plus souvent abandonnés à leur sort. Les prisonniers vivaient librement parmi leurs vainqueurs. Certains captifs pouvaient devenir chambellans et se retrouver dans l’entourage direct du roi qui les avait capturés. Nous sommes bien loin des assertions de certains esprits ignorants ou mal intentionnés. Ce que les Européens ont introduit en terme d’exploitation inhumaine des Africains, dans le cadre du commerce triangulaire, ils doivent l’assumer seuls.
Nous n’oublions pas non plus l’esclavage pratiqué par les arabes à partir du VIII ème siècle qui a continué à Zanzibar jusqu’en 1964 et en Mauritanie jusqu’en 1988 !
Cette histoire, celle de l’Abbé Grégoire, de Louis Delgrès, de Solitude, de Toussaint Louverture, nous devons la transmettre à tous les enfants de
Cette force qui nous unit Domiens, Franco-Africains et Africains contre les injustices d’hier et les discriminations d’aujourd’hui, nous permettra d’écrire de nouvelles pages de l’histoire de France où notre diversité aura pleinement sa place.
Louis Mohamed SEYE
Equité