"Le Monde": La guerre des investitures pour les législatives fait rage au PS, sur fond de respect de la parité

Publié le par Club Equité

LE MONDE | 21.03.06 | 14h02 • Mis à jour le 21.03.06 | 14h03


La parité, mais dans la douleur. La présentation, devant le bureau national du Parti socialiste, de la liste des circonscriptions réservées aux femmes, pour les élections législatives de 2007, s'annonçait chahutée, mardi 21 mars. Deux contre-propositions devaient, en effet, être faites, l'une par les partisans de Laurent Fabius, l'autre par un groupe de femmes "rebelles" et mécontentes.

Sur le papier, le schéma composé par Bruno Le Roux, député PS de Seine- Saint-Denis et secrétaire national chargé des élections, respecte l'engagement pris par la direction du PS de présenter 50 % de femmes aux élections: sur les 551 circonscriptions de métropole où les socialistes sont en mesure de se présenter, 275 reviendraient à une femme. Et 35 à 38 % de ces territoires sont "gagnables", précise M. Le Roux. Mais toutes les fédérations ne sont pas logées à la même enseigne. Alors que les Bouches-du-Rhône et le Nord affichent une stricte parité (respectivement 8 circonscriptions sur 16 réservées aux femmes et 12 sur 24), le Pas-de-Calais - première fédération du PS - bénéficie d'un traitement à part, avec 4 circonscriptions réservées aux femmes sur 14. Pire, dans les Landes, la Haute-Corse et l'Aude, il n'y en a aucune.

Et puis il y a le cas par cas. A Paris, le maire du 20e arrondissement, Michel Charzat, se voit brutalement débarqué après vingt-quatre ans de mandat législatif, à la grande fureur des fabiusiens. Dans le Nord, Martine Aubry n'obtient pas - pour le moment - la 2e circonscription souhaitée mais reste sur la 5e, perdue en 2002. Dans le Val-d'Oise, l'ancienne ministre Dominique Gillot, défendue par le courant de Dominique Strauss-Kahn, est également en grande difficulté. Et Barbara Romagnan, membre du courant minoritaire NPS et secrétaire nationale à la rénovation, n'a pas trouvé de place dans le Doubs.

L'issue de la commission électorale, qui s'est réunie toutes les semaines pendant plusieurs mois, n'est pas celle escomptée par Laurence Rossignol, secrétaire nationale aux femmes: "Je me suis battue pendant trois mois pour que la partité soit juste, or elle est construite dans un esprit clanique, instrumentalisée, s'insurge-t-elle. C'est la parité avec les mêmes moeurs qu'avant !"

Tous courants confondus, un groupe de femmes, dont Mme Rossignol (fabiusienne), Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, ou Michèle Sabban, première secrétaire de la fédération du Val-de-Marne et proche de Dominique Strauss-Kahn, s'est concerté pour préparer la riposte. "Le menu de la parité n'est pas le même pour tout le monde, c'est à la carte", justifie Mme Sabban.

Les fabiusiens, eux, ont boycotté la dernière séance de la commission. Ils viendront au bureau national, mardi soir, muni de leur propre liste, dans laquelle ils proposent de faire... mieux: 280 circonscriptions réservées aux femmes, soit 52,2 % et 120"gagnables" (42,1 %). Cette proposition écarte la reconduction des hommes de plus de 70 ans, mais "n'empêche pas un homme sortant de moins de 70 ans de défendre sa chance", assure Pascal Popelin, chargé de ce dossier dans le courant. Ce dernier met en avant ce qui constitue, souligne-t-il, des entorses à la règle: un sortant, Michel Charzat, non investi ou bien le remplacement d'un sortant au profit d'un autre homme comme c'est le cas à Lens, avec le maire Guy Delcourt.

Les amis de Laurent Fabius dénoncent, par ailleurs, le fait que les "minorités visibles", tout comme les négociations avec les partenaires de l'ex-gauche plurielle n'ont pas été prises en compte. Ces deux autres étapes seront étudiées à part, avant le vote des militants organisé dans chaque fédération début juin pour désigner les candidats aux législatives.

Ces tensions surviennent alors que la réforme des adhésions continue de faire grincer des dents. Dans les deux cas, le premier secrétaire du PS, François Hollande, se voit directement accusé par les autres courants et écuries présidentielles de favoriser son"clan".

Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 22.03.06
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Publié dans La revue de presse

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